Revendications sociales : « Qui paye quoi ? »

Revendications
sociales :

 

« Qui paye

quoi ? »

 

On a suffisamment reproché au mouvement GJ, à ses débuts, cette contradiction : comment vouloir à la fois plus de progrès social et moins de taxes, sachant que c’est l’État qui finance une bonne partie des politiques sociales, et que l’État, c’est nous, financièrement, nous les contribuables et les taxes-payeurs !

Et effectivement Macron a su piéger le mouvement en faisant formellement des « concessions », mais qui seront aux frais du contribuable, d’une manière ou d’une autre… !

Depuis lors, le mouvement GJ n’a cessé de chercher sa voie, sans réellement sortir de ce cercle vicieux, d’ « Acte en Acte », tournant en rond dans les centres-villes, s’épuise, et voit surtout son soutien populaire s’éroder, inexorablement, malgré qu’aucune des questions sociales posées à partir du 17 Novembre n’ait été concrètement et durablement résolue.

En marge de la parution sur Agoravox de l’ébauche de plate-forme en 10 points, s’est donc esquissé, par contre, le début d’un débat qui mériterait d’être développé.

Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite… !

 Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite... !

Embarqués, malgré eux ou non, « à l’insu de leur plein gré », serait-on tenté de dire, dans la grande galère médiatique du spectacle macronien hebdomadaire de « street (…)

973 visites 4 avr. 2019 | 14 réactions | Luniterre   + Partager

En effet, la question « qui paye quoi ? » en termes de revendications sociales permet concrètement d’aller plus loin et de mieux comprendre l’impasse dans laquelle s’est fourvoyé le mouvement GJ, et avant lui, le « syndicalisme » traditionnel, y compris cégétiste.

Le fond de la question réside dans la source et la fonction du capital, et de savoir s’il peut ou non accéder aux revendications sociales, et surtout, en temps de crise.

En effet, le capital n’a pas pour fonction de répondre à des besoins sociaux, mais simplement de s’accumuler en se valorisant financièrement.

La production de biens et de services n’est qu’un des moyens de valorisation, pour le capital, mais pas le seul, depuis la financiarisation de l’économie, spectaculaire depuis ces dernières années, mais dont les racines remontent à la constitution des monopoles au début du 20ème siècle, même s’ils n’ont jamais été tout à fait absolus.

Autrement dit, les moyens financiers de satisfaire les revendications sociales les plus urgentes existent, même avec la « crise », et ils ont toujours existé.

La crise n’est jamais que celle de la valorisation, désormais fictive, du capital. Le capital « fictif » se valorise financièrement davantage en dehors du circuit productif qu’avec lui, même s’il en reste dépendant, paradoxalement.(*)

La valeur « fictive » du capital permet néanmoins au capitaliste financier d’assurer son train de vie en biens et services qui, eux, ont une valeur bien réelle.

Il n’a nul besoin de répondre concrètement aux besoins sociaux du plus grand nombre. Dans la concurrence effrénée que les capitalistes se livrent entre eux, répondre aux besoins sociaux du plus grand nombre c’est un frein à la rentabilité des capitaux et rien d’autre.

En dehors de l’économie financière stricto sensu seuls les besoins solvables les plus rentables les intéressent encore. Ils ne sont pas entre eux en lutte pour un équilibre économique précaire qui répondrait aux besoins de tous, mais simplement pour une rentabilité maximum du capital.

C’est pourquoi exprimer les revendications sociales les plus urgentes, simplement mais carrément et sans détour, cela aboutit à remettre en cause le pouvoir du capital, et c’est pourquoi le mouvement GJ est dans l’impasse et ne peut formuler une plate-forme revendicative répondant réellement aux besoins du plus grand nombre : aucun de ses leaders peu ou prou reconnus ne veut réellement remettre en cause le capitalisme. Il en va de même du syndicalisme, y compris CGT, qui ne veut négocier que dans des limites compatibles avec le pouvoir des monopoles, en fait.

Pour comprendre cela, il faut encore rappeler que leur financement dépend essentiellement des subventions patronales et étatiques, ce qui revient au même, l’État étant depuis très longtemps au service des monopoles.

En France il est évident que la base économique et sociale est encore partagée avec une masse très importante de TPE-PME, mais qui dépendent, pour leur financement, des monopoles, à travers les banques qui sont également à leur service.

Il est tout aussi évident que la pression sociale est au maximum sur cette masse de « petites boites » qui représentent 70% du salariat en France, mais que rien ne peut être fait pour les soulager, au delà du seuil de leur survie, sans empiéter sur la rentabilité du grand capital, à travers une nouvelle répartition des charges sociales, et c’est aussi pourquoi ni le mouvement GJ, ni les syndicats ne vont dans ce sens, qui les mettrait face au véritable ennemi de la société : le capitalisme.

Un lecteur pose la question : «… ça pose un problème d’égalité devant la loi : sur quel fondement une entreprise paierait proportionnellement plus de cotisations sociales que d’autres ? »

Une question en guise de réponse… : « Où voyez vous une « égalité » dans le système actuel ? »

Il n’y en a aucune, vu la complexité, précisément, des usines à gaz que sont les différents dispositifs « légaux » dans ce domaine…

Il s’agit donc de déterminer un quotient, ce qui, précisément, permet d’éviter les effets de seuil [ autre question de ce lecteur].

Chiffres d’affaires et effectifs restent évidemment des critères de base, même si ce ne sont pas forcément les seuls.

Avec les outils informatiques modernes établir un tel quotient est nécessairement possible et peut être modulé, précisément, en fonction des données qui interviennent dedans. Il ne s’agit donc pas du pouvoir de la machine, ici, mais de son utilisation dans un but déterminé et négocié socialement et de fait, politiquement, au bon sens du terme.

Donc, non seulement ce n’est pas une voie sans issue, mais c’est même la seule qui soit rationnelle !

Actuellement, à travers tous les dispositifs mis en place par le système, très peu d’entreprises paient intégralement leurs charges, sinon aucune, nous fait remarquer ce lecteur. Et pourtant, in fine, à travers d’autres dispositifs, et notamment fiscaux (CSG, CRDS), le budget de la Sécu doit nécessairement être bouclé, tôt ou tard… Il reformule donc sa question : « doit il forcément être assis sur le travail ? »

Alors que cette question n’a pas de sens réel, en fin de compte, dans la mesure où l’essentiel de la valeur est bien créé par le travail, quoi qu’il en soit, d’une manière ou d’une autre, que ce soit l’argent des retraites, des impôts ou les dividendes du capital, et le capital lui-même, à la base…

Et donc, d’où que vienne l’argent, c’est essentiellement du travail, transformé sous une forme ou sous l’autre.

A travers les revendications sociales, il s’agit donc de restituer aux travailleurs et à leurs familles ce qui leur revient légitimement pour satisfaire au moins les besoins sociaux essentiels, ce qui n’est bien souvent plus le cas, avec la crise. 

Donc, pour en revenir à notre questionnement de base : « Qui paye quoi ? », « payer » n’a de sens négatif que dans la mesure ou la valeur est détournée par le capital. Dans la mesure où elle peut être restituée, c’est simplement de répartition qu’il s’agit.

Et si, en fonction du rapport de force dans la lutte de classe, elle peut être intégralement restituée et répartie entre les travailleurs et leurs familles, c’est alors de socialisme qu’il s’agit, au véritable sens du terme, et non plus de capitalisme.

Dans ce cas « payer » c’est simplement faire valoir le droit que chacun a à sa part personnelle du fruit du travail collectif de la société.

C’est aussi pourquoi, au delà de la formulation claire et carrée des revendications sociales les plus immédiates se pose essentiellement la question de la finalité de la production de biens et de services, c’est à dire du travail de tous :

__En fonction de la rentabilité du capital ou en fonction de la réponse aux besoins sociaux immédiats du plus grand nombre ?

C’est, en réalité à travers la question du prix des carburants, la question qui s’est ébauchée le 17 Novembre, et qui a été presque aussitôt mise de côté par tous les intervenants, et dès le 24 Novembre au soir, au « 20h » sur les Champs Élysées !

 [Source:

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/04/06/revendications-sociales-qui-paye-quoi/ ]

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(* __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

__  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/     )

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Sur le même thème, cet autre article également republié sur AGORAVOX:

« Les Taxateurs »

Il est pas un jour qui n’apporte sa taxe. Vous savez compris il n’y a pas une faute d’orthographe, mais ceux qui en font une ce sont tous ces élus Lrem qui croient au Dieu monnaie comme tous les hommes de la planète et en ont fait un sarcophage meurtrier pour qui s’y intègre au delà de son utilité échange. S’instruire et comprendre l’existence ne se « mathématise » pas.  Quand nous faisons cela nous réduisons nos capacités d’innovations de créativités en chaque citoyen pour produire des élites politiques nourris au même sein.

Ce gouvernement, face au ras le bol déclenché par les taxes qui se substituent aux impôts continu dans cette voie entre promesses de réduction des impôts et création de taxes en compensation.
Pourtant les gilets jaunes ne sont pas en reste. Ils refusent de financer le coût de leur existence qui se traduit par la réalisation de services qu’ils réclament tout en acceptant une organisation monétaire qui les « Plume ».
J’aurais aimé lire ou entendre renversons la bourse ou la BCE, ou bien créons de la monnaie. En réponse le pouvoir pour financer leurs demandes va leur prélever ce qui leur donne. Qui donc voulons nous qui paient les riches ne le sont pas devenus par leur travail, mais par ceux qui l’exécutaient. Cela n’a pas changé. L’entreprise ne crée ni de la richesse ni des emplois. Seul l’homme qui travaille ou fabrique les outils qui le remplace créer son bien-être. Mais encore faudrait il qu’il soit au fait de la connaissance de son existence, ce qui n’est pas le cas, sans cela nous ne serions pas dans une organisation capitaliste du travail.
En douterions-nous ? Quand un  employeur versé un salaire a celui dont il loue les services, il doit vendre le produit du travail de son employé augmenté de sa marge.
Ainsi si l’employé reçoit un salaire de 100 € son travail sera revendu avec une marge en plus, admettons 10 €, cela portera, le produit, le bien, le service à 110 €. Qui donc est le client ?  Celui qui dispose d’un revenu, du foyer fiscal. Il y en à combien ? Sur une population française de 67 millions d’habitants  28 mils disposent d’un revenu, 6 mils comme employeurs et 22 mils comme salariés. Ce sont donc les  salariés qui compose
le groupe social familial qui consomme le plus. C’est groupe social qui en consommant achete toutes les charges et prélèvements qui est réclamé aux entreprises. Ex, l’entreprise verse 100€ de salaire, 10 € de charges salariales, 10 € d’impôt, plus 10 € d’autres taxes, et 20 € de tous frais de production, au total la production du salarié revient à 150 €. A cette somme l’entreprise y ajoutera sa marge, 10 € , l’entreprise devra vendre le travail réalisé 160 €. Il est donc aisé de comprendre qu’avec seulement 100 € de revenu le salarié ne pourra pas acheter son travail qui est vendu à 160 €.

Mais plus loin dans la réflexion que sont les 20 € de frais de production ?
Ils ne sont que le coût du travail des hommes qui ont été rémunéré avec ces 20 €. Continuons, que sont les 10 € de charges, les 10 € d’impôts, les 10 € d’autres taxes ?
Je pense que chacun à déjà compris que ce sont des sommes qui serons reversé en revenus pour payer tous les agents des services publics et des services réglé par le budget de l’État.
Que faut il comprendre de tout cela, que personne d’autre que les salariés et en moins grands nombres les employeurs ne paieront le coût de l’existence humaine. L’ENTREPRISE ne paie rien, l’ÉTAT ne paie rien : que faut il pour ne pas comprendre cela si ce n’est retourner s’instruire et en retour recevoir un revenu de 60 € à fin de créer de la monnaie hors du seul travail et enrichir nôtre intelligence pour construire une société à inventer pour sortir de cette dualité de l’exploitation d’hommes par d’autres, pour qu’entreprendre, être entrepreneur ne soit pas synonyme d’exploitation.

Les gilets jaunes n’ont pas avoir peur de revendiquer, maintenant l’on sait qui paiera.
Pour nous diriger l’on sait maintenant pour qui il ne faut pas voter, bon courage.

http://ddacoudre.over-blog.com/2019/03/les-taxateurs.html

[ NDLR: A noter que dans un autre article, cet auteur appelle assez clairement à l’abstention pour les élections européennes.]

http://ddacoudre.over-blog.com/2019/04/abstenez-vous-ou.html

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